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Le vrai coût d’un mauvais recrutement en finance

19 mai 2026

Vous pensez qu’un recrutement raté, c’est un salaire perdu? En réalité, une erreur d’embauche en finance peut coûter jusqu’à deux fois le salaire annuel du poste, et les dommages les plus importants n’apparaissent sur aucun bilan.

Un contrôleur qui ne livre pas au rythme attendu. Un directeur financier dont le style de gestion crée des frictions au sein de l’équipe. Un comptable senior qui semblait parfait en entrevue, mais qui peine à s’adapter aux systèmes en place. Les scénarios varient, mais le résultat est le même : l’organisation absorbe un coût bien plus élevé que ce qu’elle avait anticipé.

Selon la Society for Human Resource Management (SHRM), remplacer un employé coûte entre 50 % et 200 % de son salaire annuel, selon le niveau de séniorité et la spécialisation du poste. Pour un rôle de direction en finance rémunéré à 120 000 $, on parle d’un impact potentiel de 60 000 $ à 240 000 $, et ce chiffre ne tient compte que des coûts mesurables.

En finance et en comptabilité, les conséquences d’un mauvais recrutement sont amplifiées. Les professionnels de ces fonctions touchent à la trésorerie, à la conformité réglementaire, aux rapports avec les investisseurs et aux décisions stratégiques de l’organisation. Une erreur d’embauche dans ce département ne reste jamais confinée à un seul bureau.

Les coûts visibles : ce que tout le monde calcule

Les coûts directs d’un recrutement raté sont relativement faciles à chiffrer. Il y a d’abord le salaire versé pendant la période d’emploi, sachant qu’un recrutement est généralement considéré comme un échec lorsque l’employé quitte l’entreprise dans les 12 mois suivant son embauche. S’ajoutent les coûts du processus de recrutement lui-même : affichage de poste, temps des gestionnaires mobilisés pour les entrevues, vérifications de références et tests d’évaluation. Puis viennent les frais d’intégration : équipement, accès aux systèmes, formation sur les processus internes et heures investies par les collègues pour l’accompagnement de la nouvelle recrue.

Et quand ça ne fonctionne pas, le cycle recommence. Au Canada, le coût total de remplacement d’un employé se situe entre 50% et 200% du salaire annuel du poste, une fois qu’on additionne la perturbation des activités, la formation perdue et la baisse de productivité (Employment Hero Canada). Pour un poste intermédiaire à 60 000 $, c’est entre 30 000 $ et 120 000 $. Pour un poste de direction, le quart de million est rapidement atteint.

Ces chiffres sont importants, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire.

Les coûts invisibles : ce que personne ne calcule

Les coûts invisibles d’un mauvais recrutement sont souvent plus dommageables que les coûts directs, et en finance, ils prennent une dimension particulière.

L’impact sur l’équipe est immédiat. Quand un nouveau collègue ne performe pas au niveau attendu, ce sont les autres membres de l’équipe qui absorbent la charge. Les dossiers s’accumulent, les délais glissent, la frustration s’installe. Environ 34% des directeurs financiers rapportent que les mauvaises embauches réduisent considérablement la productivité de leur équipe (Lynkus). La plupart des professionnels en ressources humaines affirment qu’un recrutement raté affecte l’ensemble de l’équipe, pas seulement les résultats financiers. L’effet domino est réel : un mauvais recrutement peut en provoquer un deuxième, quand un collègue épuisé décide de partir à son tour.

Le temps de gestion perdu est considérable. Selon une étude de Robert Half menée auprès de directeurs financiers, les gestionnaires consacrent en moyenne 17% de leur temps à superviser un employé sous-performant. Pour un VP finance ou un contrôleur, ces heures devraient être investies en stratégie, en analyse ou en prise de décision, pas en gestion de performance.

Les décisions financières peuvent être compromises. C’est l’enjeu qui distingue la finance des autres fonctions. Un contrôleur mal adapté peut retarder une clôture mensuelle, produire des rapports comportant des inexactitudes ou mal évaluer un risque fiscal. Un directeur financier dont le jugement n’est pas au niveau peut influencer des décisions d’investissement, de financement ou de conformité qui auront des répercussions pendant des années. En comptabilité et en finance, une erreur humaine ne se limite jamais à un dossier ; elle affecte la confiance des parties prenantes et la crédibilité de toute la fonction.


La marque employeur en souffre. Selon une étude de CareerArc, 72% des professionnels n’hésitent pas à partager une mauvaise expérience avec leur entourage ou sur les plateformes d’avis. Dans un marché aussi spécialisé que celui de la finance à Montréal, où les professionnels se connaissent et où les références circulent rapidement, un processus d’embauche bâclé ou une intégration ratée peut nuire à la capacité d’une organisation à attirer les meilleurs talents par la suite.

Pourquoi la finance est un terrain à risque élevé

Toutes les erreurs de recrutement ne se valent pas. En finance, plusieurs facteurs amplifient les conséquences.

D’abord, la pénurie de talents spécialisés rend chaque embauche plus critique. Selon Robert Half Canada, 43 % des responsables du recrutement en finance prévoient d’augmenter leurs embauches en 2026, alors que le bassin de talents expérimentés continue de se resserrer. Randstad Canada observe que les postes de niveau débutant en finance ont reculé de 29 %, ce qui signifie que les organisations se disputent un nombre limité de professionnels seniors. Dans ce contexte, chaque recrutement est un investissement stratégique, et chaque erreur coûte d’autant plus cher qu’elle est longue à corriger.

Ensuite, les délais de remplacement sont plus longs que dans la plupart des fonctions. Un poste de direction en finance prend généralement de trois à six mois à pourvoir. Pendant cette période, l’organisation fonctionne à capacité réduite, les projets sont mis en attente et les décisions critiques sont reportées.

Enfin, il y a l’effet cumulatif propre à la comptabilité et à la finance. Un comptable senior mal adapté peut créer des problèmes qui ne se révèlent que des mois plus tard : des écritures mal classées qui faussent les états financiers, des rapprochements incomplets qui passent inaperçus jusqu’à l’audit, ou des lacunes de conformité qui exposent l’organisation à des risques réglementaires. Le coût réel se manifeste longtemps après le départ de l’employé.

Comment éviter l’erreur

La bonne nouvelle, c’est qu’un mauvais recrutement est un risque évitable, à condition d’investir au bon moment dans le processus.

Définir le vrai besoin avant de rédiger l’offre. La majorité des erreurs d’embauche commencent par une description de poste qui ne reflète pas la réalité du rôle. Avant de publier quoi que ce soit, il vaut la peine de se demander : est-ce qu’on a besoin d’un exécutant technique ou d’un leader de transformation? D’un profil stable pour maintenir les opérations ou d’un agent de changement pour structurer une croissance? La réponse change fondamentalement le type de candidat à cibler.

Évaluer au-delà du CV. Les compétences techniques sont une condition nécessaire, mais rarement suffisante. Les recrutements qui échouent dans les 12 premiers mois sont souvent liés à un décalage culturel, à un style de gestion incompatible ou à une capacité d’adaptation insuffisante. Des outils d’évaluation comportementale, comme le profil DISC, permettent de comprendre comment un candidat prend ses décisions, gère la pression et s’intègre dans une dynamique d’équipe existante. C’est souvent là que se révèle le potentiel réel d’un placement durable.

Ne pas sacrifier la rigueur à la vitesse. Un poste vacant génère de la pression, mais un mauvais placement coûte infiniment plus cher qu’un processus prolongé de quelques semaines. Prendre le temps de valider l’adéquation, pas seulement les compétences, est un investissement, pas un délai.

Accompagner l’intégration. Les 90 premiers jours sont déterminants pour la rétention d’un nouveau cadre. Un suivi structuré pendant cette période, qui va au-delà de la simple orientation administrative, réduit significativement le risque d’échec. C’est une étape que beaucoup d’organisations sous-estiment, mais qui fait souvent la différence entre un placement réussi et une erreur coûteuse.

Faire appel à un partenaire spécialisé quand les enjeux le justifient. Un cabinet de recrutement spécialisé en finance apporte une lecture fine du marché que la plupart des équipes internes n’ont pas : connaissance des fourchettes salariales réelles, compréhension des profils disponibles, capacité à identifier des candidats passifs qui ne sont pas sur les plateformes d’affichage. Mais surtout, un chasseur de tête expérimenté a la capacité de challenger le besoin, de distinguer ce que l’employeur pense chercher de ce dont il a réellement besoin. C’est souvent là que la vraie valeur commence. Consultez notre article sur le rôle stratégique du chasseur de tête pour en savoir plus.

En résumé

Un mauvais recrutement en finance ne coûte pas un salaire. Il coûte une année de productivité, de confiance et de décisions compromises. Dans un marché où les talents spécialisés en comptabilité et en finance sont de plus en plus rares et où chaque embauche a un impact direct sur la performance de l’organisation, traiter le recrutement comme une dépense plutôt que comme un investissement stratégique est le calcul le plus coûteux qu’une entreprise puisse faire.


Vous planifiez votre prochain recrutement en finance? Parlons-en avant de publier l’offre.

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